Quand on me demande à qui s'adressent mes formations, je réponds souvent la même chose : à tout le monde. Ce n'est pas une formule marketing. C'est la réalité de ce que je vis en formation depuis plus de six ans.
Le plus jeune apprenant que j'ai eu en formation ECM bureautique avait 16 ans. À cet âge, on imagine souvent que les jeunes n'ont pas besoin d'apprendre l'informatique — ils sont nés avec. C'est un mythe.
Savoir utiliser les réseaux sociaux ou regarder des vidéos en ligne, ce n'est pas savoir travailler avec un tableur, rédiger un document professionnel structuré ou maîtriser une suite bureautique. Ce jeune stagiaire l'a compris très vite — et il est reparti nettement plus à l'aise avec les outils qui allaient compter dans sa vie professionnelle.
À l'autre bout du spectre, il y a cette histoire qui me touche encore aujourd'hui. Un homme de 80 ans s'est inscrit à une formation bureautique. Sa femme venait de décéder. C'était elle qui s'occupait de tout ce qui touchait à l'informatique à la maison — les emails, les démarches en ligne, les documents.
Du jour au lendemain, il s'est retrouvé seul face à un ordinateur qu'il ne maîtrisait pas, avec des choses importantes à gérer. Il aurait pu se décourager. Il a choisi d'apprendre.
Ce qui m'a frappé, c'est sa progression. Pas d'inquiétude excessive, pas de résignation. Une vraie motivation, ancrée dans une nécessité concrète. À la fin de la formation, il s'en sortait très bien. Il avait ce qu'il lui fallait pour continuer.
"Il aurait pu se décourager. Il a choisi d'apprendre. Et il y est arrivé."
Entre ces deux extrêmes, j'ai formé des salariés en reconversion, des artisans qui voulaient mieux gérer leur activité, des assistantes de direction, des responsables d'associations, des demandeurs d'emploi, des étudiants en BTS.
Ce que j'ai appris, c'est que l'âge ne détermine pas la capacité à apprendre. Ce qui fait la différence, c'est la motivation — avoir une vraie raison d'apprendre quelque chose. Et mon rôle, c'est de m'adapter à chaque personne, de partir de là où elle en est, pas de là où je voudrais qu'elle soit.
Si vous vous dites que vous êtes "trop vieux", "pas fait pour ça" ou que "c'est trop tard" — ces deux histoires sont là pour vous dire le contraire.